Bon, ça blogue pas dur en ce moment. Manque d’idée ? Ouais, un peu. Manque de temps ? Euh… pas vraiment. Occupé à autre chose ? Sans doute. Alors la période écriture 2012-2016 aurait un petit goût thérapeutique ? Bien possible. Mais pas si simple, car l’écriture reste un sacré plaisir. Pour la nourrir, il faut vivre, c’est bien ce que je fais.

Tiens, petit retour à d’anciens amours : les « historiques » de la botanique, de la biologie, du vivant quoi, avec des vrais morceaux de célébrités dedans. Allusion ce matin dans une de mes lectures, (ah oui, il faut lire aussi !), à Lamarck.

Jean Baptiste de Lamarck (1744-1829). Inconnu au bataillon ? Ouais, moi aussi, c’est dingue. Alors, petite promenade sur Gogole. Mais qu’est-ce qu’on nous apprend à l’école comme dirait Francis ! Lamarck ? Rien de moins que l’inventeur du mot (et du concept de la) biologie. Le premier à avoir eu l’idée des « clés de détermination » par dichotomie. Mais si, tu sais, t’as ta plantouze dans la main, tu regardes la clé, elle te demande, petit ou grand, bing tu prends petit si la plantouze est petite, ensuite t’as jaune ou vert, bing tu prends jaune si elle est jaune et ainsi de suite jusqu’à trouver le nom de la plante.

-         « M’en tape moi, j’te la prends en photo avec mon smartphone, et bing, application machin et bing, ça me donne le nom ».

Tu m’emmerdes. Et l’application « je pose un peu ce bordel de temps en temps ». Bref…  260px-Jean-baptiste_lamarck2

Lamarck

En plus, Lamarck, grosse embrouille d’époque avec Darwin. Eh ouais Darwin, lui, vachement plus connu. Tu connais pas ! Ah tu vois, c’est à cause de ton machin capable même de te donner le nom des plantes ! Bizarre ce truc quand même. Ça te dit tout et plus t’es dessus, plus t’es en dessous, étrange… Lamarck et Darwin ne sont pas loin d’être contemporains (Darwin 1809-1882). Lamarck est passé un peu avant. Plutôt gentil le gars, intéressé par pleins de trucs, la météorologie en outre. Une fin un peu triste, le môme qui ne paie pas la concession au cimetière, et bing à la fosse commune le vieux. Bon, à priori sympa. Ouais c’est con, l’histoire des ossements dans la fosse, ça le rend sympa, c’est con !

Darwin, par contre, pour taper sur Lamarck, pas gêné le mec. Ça le rend moins sympa. Pas du genre « ouais…, euh…, le Lamarck y pense ça mais bon, chui pas trop d’accord ». Non, non, le mec plutôt à dire que ça n’avait aucun intérêt. Darwin ! Enfoiré !

J’ai complètement oublié de vous parler de l’objet de la controverse. Oh pas grand-chose, juste des théories sur l’évolution des espèces et par la même sur les origines et l’évolution de la vie sur terre en quelque sorte. Des broutilles quoi… Purée chez les scientifiques, ça ne rigole pas. Même aujourd’hui il y aurait encore des « darwiniens », et des « lamarckiens ».

Ouais, mais ils pensaient quoi en fait. C’est là que ça se corse un peu pour moi, puisque l’un comme l’autre, c’étaient plutôt des cadors en science, alors pour expliquer simplement… Bon, allez, j’essaie. Là, je vais tricher un peu, car d’autres ont essayé avant moi avec « le coup de la girafe » ou plutôt le cou de la girafe.

Pour Lamarck, les girafes vivent dans la savane, pas grand-chose à bequeter, alors on s’adapte et le cou s’allonge (au fil des siècles !) pour pouvoir grignoter jusqu’en haut des arbres.

Pour Darwin, il y a des grandes et des moins grandes girafes. Les moins grandes ont plus de mal à manger. Et zou, sélection naturelle, il ne reste que les « long cous » et à la génération d’après, les « longs cous » font plus de petits « longs cous ».  unnamed

Darwin

Vous n’avez pas tout saisi ? Ouais, ça me l’a fait à moi aussi. Surtout que c’est 2 concepts différents, pour arriver au bout du compte au même résultat, à savoir que les girafes ont des longs cous, et que du cou c’est plus pratique pour grignoter les pousses en haut des arbres. Ressayons.

Côté Lamarck : toutes les girafes essaient d’étirer leur coup pour s’adapter à une situation. Le fait d’étirer leur cou devient un caractère qui se transmet à la génération suivante et ainsi de suite. De siècle en siècle, le cou devient plus long. Il y a là-dedans de l’inéluctable, c’est presque mécanique.

Darwin, son truc, c’est plus le hasard. Une girafe fait des girafeaux. Et bing, dans la portée, il y a des petits et des grands. Les grands vont survivre parce qu’ils pourront manger. Et ils feront des portées où il y aura plus de grands. Mais l’aléatoire est très important. Des caractères nouveaux sont le fruit du hasard. Ensuite, la sélection naturelle fait le reste pour savoir ceux qu’elle a envie de garder.

Toutes ces théories s’ébauchent à une époque où l’on ne savait pas tout (oui je sais, on ne saura jamais tout). Un pic quand même à Darwin, contemporain de Mendel (1822-1884), mais qui se serait foutu éperdument de ses petits poids.  Gregor-Mendel-1822-1884_0_1400_1057

Mendel

Pourtant, l’apport de la génétique fait sacrément pencher la balance côté Darwin. L’aléatoire au gré des reproductions et des générations, ça nous parle vachement. La connerie aurait pu disparaître. Eh ben non… !

Ouais mais voilà : aujourd’hui on en est à ce que les êtres vivants auraient une forme d’intelligence qui leur permettrait de s’adapter à des situations et que ses acquis d’expérience, sans interférer dans la génétique, deviendraient néanmoins des caractères héréditaires. Là ça devient un peu lamarckien non ?

Et il parait qu’une réconciliation entre les 2 concepts est impossible… Purée pas faciles les scientifiques. Bon, de toutes façons, vu où on en est question découverte, toutes ces histoires deviennent de plus en plus de l’histoire et moins de la science. Enfin, n’allons pas trop vite non plus. Pendant ce temps, là, maintenant, pourcentage de créationnistes aux Etats Unis : 40%... Faut-il pleurer, faut-il en rire Jean ?