Ça y est, ça me le refait. Ya un truc qui colle pas. Je sais, c’est un peu dur de s’y retrouver dans toutes les pubs « Leclerc » à la téloche. Mais il y en a une qui cloche, en tout cas dans ma p’tite tête de moineau bio.

« Nos régions ont du talent ». Le concept est simple : un personnage raconte à un autre qu’il est allé par monts et par vaux pour trouver « the » produit qu’il aime. Exemples : une bobo blonde tire son âne têtu dans la garrigue provençale à la recherche d’olives de ses rêves. Un grand père danse avec des bigoudens au fin fond de la Bretagne profonde pour ramener des palets bretons.  oliveraies_de_la_baillaury

Et l’interlocuteur laconique de répondre : « eh du con, tu sais que y’en a chez Leclerc ! » On en espère d’autres. Une mère de famille s’accrochant comme elle peut au bastingage sur un bateau de pêche breton en pleine tempête au large d’Ouessant pour ramener du cabillaud. Une mémé débarquant chez des néo ruraux au fin fond de l’Ardèche pour dénicher son crottin de chèvre préféré.

« Eh patate, qu’est-ce tu t’emmerdes, y en a chez Leclerc ! »   v411

Bon, alors, Monsieur Leclerc, je t’explique : toute cette histoire de bio, de régional, de terroir, de circuit court et j’en passe, cette préoccupation, cette mouvance, c’est que le consommateur se reprenne en main pour se préoccuper de sa nourriture lui-même, et qu’il retourne la chercher près de chez lui, de préférence au près de celui qui la produit. Ce n’est pas comme dirait Pierre Rabhi, pour refoutre encore plus de camions sur les routes pour transporter des trucs que l’on allait jusqu’à maintenant chercher soi-même. Car on y trouve dans cette quête, sur ce marché, dans cette ferme, dans ce panier en osier, déjà une bonne partie de la saveur du produit.  ob_3ca451_img-9169-2

Mais OK d’accord, ton truc c’est le business. Alors parlons marketing. Tu vois dans tes spots, la nana qui tire son âne dans la garrigue, je l’ai adorée. Le grand-père qui part en expédition en Bretagne pour ses pavés, je l’ai kiffé grave. Par contre, l’espèce de jeune cadre dynamique ou l’ado branchée qui leur répondent à la fin que, « y en a chez Leclerc !», ils ont vraiment des gueules de con. Le pire, c’est l’ado parce qu’au début du spot, elle est super sympa, et qu’à la fin, elle est devenue aussi con que les autres. Et grâce à toi. Brillant !