Remettre du lien, de la communication, ou plus simplement de la conversation, partout où elle a disparu.

Juste un exemple, le paiement en espèce et toutes ces petites phrases disparues qui en découlaient : « vous avez l’appoint ? », « vous n’auriez pas vingt centimes ? », « attendez, je dois bien avoir ça », « montrez moi, donnez moi tout, on va bien trouver». Aujourd’hui, ça nous donne : « par carte ? », « allez-y » « vous pouvez la retirez ». Bientôt même on s’en passera. Avec un peu de chance, on sauvera : « bonjour » et « au revoir ». Un « bonne journée », ce sera du caviar.

Hier, j’arrive dans une station Total. C’est pas pour faire de la pub mais j’ai une carte Total par ma boite, alors je dois faire le plein chez…, Total, OK ça suit. Dans ces cas là, en même temps, on fait le vide, de la vessie bien sûr, grande fonction des stations d’autoroute.

D’habitude, je rentre, je vais droit aux toilettes. Un artiste s’est encore éclaté pour signaliser par un dessin l’homme et la femme. Le temps que je comprenne tout du génie créateur de ce brillant dessinateur, je finis par arriver juste à temps, bref, pas le propos. D’habitude donc, je fais ce que j’ai à faire, puis je passe au lavabo, puis je passe au séchoir, puis je vais droit à la machine à café, un coup de carte, café, et redécollage. Temps de conversation enregistré : zéro seconde zéro dixième.

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Hier donc, je file aux toilettes. Bon là, aux pissotières, tout le monde regarde bien droit devant soi dans le plus grand silence, normal. Encore que, pourquoi pas, y aurait bien des trucs à s’dire, bref…  Direction le lavabo. Là, un autre génie créateur s’était révélé, design novateur et moyen de s’en servir totalement inconnu. Un bouton poussoir, j’appuie, rien. Je passe mes mains dessous, dessus, sur le côté, empoignage du tuyau, rien. Une pédale dessous alors ? Nada. Je fais toute la rangée des tétines : sans succès.

Voilà un deuxième larron qui survient, qui cherchait aventure, les mains pleines de mousse à savon. Saura t-il dénouer l’énigme ? Le voyant partir dans la même gestuelle que moi, je me dis que c’est mal barré. Et un troisième, pareil. Alors forcément…, on cause, et on s’marre. On finit tous, non pas d’essayer de se les rincer, mais au moins de se dé-savonner les mains avec les quelques gouttes qu’arrivent tout de même à sortir tel le jus d’un citron déjà pressé.

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Allez, on va pas se démoraliser pour si peu, ni passer un savon à qui que ce soit, le savon ça va bien comme ça. Un p’tit café pour se remettre de nos émotions. Et là, sur cinq machines à café, trois en panne. Surement en panne de flotte ! Obligés de faire la queue entre collègues « qui viennent de se la secouer » (pas pu m’en empêcher !). Alors qu’est-ce qu’on fait ? Ben…,  on cause, et on s’marre. Peut-être le meilleur moment d’une journée un peu au goût… de flotte !

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Heureusement qu’en son temps, nous n’avions pas mis à exécution à quelques lascars joyeux, une « brigade du lien », à mener des actions commandos, avec comme cibles tous les petits recoins où jadis germaient les conversations telles des champs de blé rayonnants, remplacés aujourd’hui par un Sahara grandissant. On aurait déboulé dans toutes les stations d’essence pour tout foutre en panne. Même les pompes ! T’imagine le panard ! (-les pompes, le panard, tuuu... - ah ta gueule !)