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Eh les mecs (les filles aussi bien sûr, c’est une expression quoi..), je suis un électeur de gauche. Bon, ben ça va, vous marrez pas merde… En même temps, la politique en ce moment…, y a de quoi se passionner. Ceux qui disent qu’en fait les français se passionnent, ils ont raison. Rassurant ? Ouais, je crois. Y a qu’un truc qui me gène, je tiens ça de ma mère, c’est que toute cette agitation, ça doit coûter pas mal d’argent qui du coup passe par la fenêtre qui reste ouverte alors qu’y a du chauffage, vous voyez l’idée.

Mais bon, c’est le combat politique, ça a toujours existé… Tiens, allons faire un p’tit tour à gauche. Je ne mettrai pas de photo pour décorer ce texte (allez juste une), réservé aux passionnés. Une analyse politique, oui Monsieur, (ou Madame bien sûr, c’est une expression), ça se mérite zut alors.

Allez, le principe du tri, commençons par le menu fretin. Les radicaux de gauche présentent un candidat. Eh les gars, sans vouloir vous vexer, la France s’en branle totalement. Bon, ben ça c’est fait…

Les trotskystes devraient nous fourguer leurs deux candidats habituels, à moins qu’il y ait eu une scission entre un canal historique et des réformateurs dans un des partis. Le trotskyste a toujours raison contre tout et tout le monde et il pourra toujours te le prouver par A+B, chapeau. Bon, i sont pas nombreux non plus. «  C’est pas une analyse politique ça, y en a bien qui font 30% en racontant que des conneries ! ». Respect. Je retiens que c’est les seuls qui parlent de mondialisme. Moi aussi, le sort d’un ouvrier espagnol ou brésilien ou congolais ou chinois m’importe plus que les problèmes de fin de mois d’un grand patron français. Allez, on les garde, ils nous manqueraient.

Les écolos : ah bon y a un parti écolo ? Ouais ouais. « Ouais mais chez nous c’est démocratique, on discute, on s’engueule, et à la fin on se met tous en cercle autour de la table pour manger le sanglier bio avec Astérix en buvant de la cervoise ». Ouais mais là les gars, il va falloir passer au marcassin, un sanglier entier ça va faire beaucoup. Si le truc c’est que t’es militant pour que tes idées progressent dans la société, y a un moment où faudrait…, je sais pas moi, t’interroger au moins. Surtout que là tu parles d’une idée, l’écologie, majeure de ce siècle merde. Tu vois pas qu’en fait tu finisses par être contre productif, t’imagine… Bon, t’es pas un productiviste je sais mais quand même !

Allez, on entre dans le dur ! Macron… Bon, alors voilà, la gauche, la droite, tout ça c’est fini. On prend les bonnes volontés, les bonnes idées et basta. Bon, tu sais Manu, c’est pas révolutionnaire non plus, d’autres ont déjà essayé (ils ont eu des problèmes…), mais, c’est vrai, avec moins de punch. Faut voir… En même temps, la droite, la gauche, tu sais, c’est quand même des siècles d’histoire, t’es quand même un peu gonflé de nous envoyer tout ça à la poussière, même si c’est vrai, y a beaucoup de poussière. Moi, c’que je vois, c’est que dans le truc droite gauche, on se retrouve chacun dans son camp, chacun avec ses modérés pour calmer les plus excités, et chacun avec ses excités pour réveiller les modérés. Et puis comme ça, on laisse pas tous seuls les excités, sinon ils vont s’exciter encore un peu plus. Le truc de bosser qu’entre gens de bonne volonté, ça repose toujours un peu sur le concept que les cons vont devenir moins cons, ou pas nous faire chier, ou… qu’on les bute tous merde ! Pour diriger un pays, y a pas, t’es obligé de composer avec les cons de tous bords, t’y couperas pas, y en a beaucoup...

Et puis bon, la gauche, la droite, ça existe quand même. Tous ceux qu’ont transformé Hollande en punching ball pendant cinq ans vont pas tarder de s’en apercevoir. Alors, si t’es de droite, tu te dis, il faut que les riches puissent se faire de la tune, et comme ça ils pourront en filer aux pauvres, qui eux, c’est bien connu, ne sont pas doués pour gagner de la tune. Si t’es de gauche, tu te dis un riche ça donne quand même pas sa tune spontanément, faut quand même lui en réclamer un peu, gentiment. Alors après évidemment c’est du théâtre, parce que tout le monde a un peu raison dans cette histoire, et le plus con sera toujours le plus idéologue, celui qui se prendra le plus au sérieux.

Tiens, en parlant de ça, l’autre soir dans une soirée électorale, Jean Luc, (aaah, voilà Jean Luc) se fait questionner par Cohn-Bendit qui passait par là, (ouais, il aime bien passer partout ce gars), et notre Daniel lui fait du « Jean Luc ». Et notre Jean Luc, il a pas du tout envie que l’autre le tutoie et l’appelle « Jean Luc ». Jean Luc veut du « Monsieur Mélenchon ». Ben ouais attends, c’est qu’il est en train de parler à un, peut-être, futur président de la République, un peu de respect merde…

Bon alors le truc, autant vous le dire tout de suite, c’est que Jean Luc est agressif. « Ouais mais attend, c’est pas une analyse politique ça, on s’en fout qu’il soit agressif, lis son programme avant, tout ça quoi… ». Pas une analyse politique ? Attends… Le « pays », comme il dit, n’élira jamais un mec aussi agressif, c’est comme ça, moi non plus j’aime pas, j’aime encore mieux la langueur d’un centriste bon teint que l’agressivité, c’est comme ça, j’y peux rien, c’est psy. Résultat, Mélenchon ne sera jamais président de la République. Alors, il peut me proposer pleins de choses formidables, mais à l’arrivée, j’aurai macache, parce qu’il ne sera pas élu. Toute cette énergie, ces meetings, ses diatribes… Pourquoi faire ? Le rapport de force politique ? C’est pas ce qui me fera bouffer. Le « président », c’est le président de tous les français une fois qu’il est élu, un mec capable de parler à 60 millions de personnes qui sont toutes pas d’accord entre elles. Et lui, il ne veut même pas discuter avec d’autres composantes de la gauche sous prétexte que c’est tous des nazes ? Alors, c’est pas une analyse politique ça ?

Un mec qui vote à gauche et qui y croit vraiment, il veut voter pour quelqu’un qui s’imagine vraiment faire le job un jour. Mon grand père, il a noyé son chagrin dans la bouteille en 74 quand Mitterrand  s’est ramassé, et pourtant c’était que Mitterrand, c’était pas non plus « le grand soir j’veux dire ». Alors moi, c’est comme ça, il n’y a que la gauche de gouvernement qui m’intéresse, les « faiseux » plus que les « diseux ». Le français est un animal qui continue de penser que la solution vient d’en haut, pour aussitôt que le roi est sur le trône, le critiquer parce qu’il ne branle rien. Tiens, pourquoi pas le concept de voter pour celui qui ouvre le moins sa gueule, un "taiseux" quoi !

Alors, au terme de cette petite épopée littéraire, contre toute attente, eh ouais, j’en suis presque surpris moi-même, j’irai voter aux primaires de la gauche, et je voterai probablement ensuite pour le vainqueur de cette primaire, un homme qui devra (l’espoir fait vivre !), parler à plus de 60 millions d’individus, et fasse qu’ils arrivent à vivre ensemble. Point. J’ai fini.   5014123092_4bdef54e57_b