Je ne sais pas si j'ai vraiment macéré. Je sais que c'est le matin, tôt, heures propices à la pensée, le reste de la journée ne me sert qu'à peaufiner, mais là, comme j'écris volontairement au fil de la plume, ça sera du brut, avec un blog, on fait ce qu'on veut, alors...

aube-agrandi

Le capitalisme responsable de tout reste pour moi un bon concept, avec comme terreau  le colonialisme, adulé encore par certains. Aussi génial que le capitalisme, on vous amène la bonne parole, la civilisation, connotation positive, pendant qu'on vous encule en renvoyant les dividendes vers la mère patrie. On a ainsi sucé des peuples, et on les suce encore, et on les regarde se révolter avec étonnement. On a bien réussi notre affaire en faisant évoluer le colonialisme, domination affichée, vers ce truc bien plus suptile qu'est le capitalisme.

Les variantes chinoises et russes n'échappent pas à la règle, c'est du capitalisme d'état, concentration totale des pouvoirs politiques et économiques sans floriture, sans les subtilités occidentales, et à l'arrivée, une efficacité certainement bien plus redoutable.

Alors ce concept de capitalisme hégémonique, système tenu, manipulé par des élites, c'est le fond de commerce de certains depuis toujours, trotskystes en tête, mais aussi gauche de la gauche plus globalement. L'extrème droite s'y met aussi mais là, c'est un piège à cons, les idéaux ne sont pas les mêmes car là les ennemis ne sont pas les mêmes, ce sont les autres, avec la notion de pays, de nation, comme si tout irait mieux chacun dans son coin, ça ne tient pas la route, ça tient parce que les gens n'ouvrent jamais un livre d'histoire, ça repose sur l'ignorance alors que la justesse repose certainement plus sur la connaissance.

Alors voilà, si j'en reste là, pas de souci pour moi, je peux m'afficher en société, aller aux manifs, et discuter avec ma boulangère. Seulement je n'arrive pas à me résoudre à une analyse aussi simple et manichéenne. le capitalisme est le système d'organisation économique actuel du monde. Il tient, et il tient aussi parce qu'il a fait ses oeuvres. Ce qui pourrait le remplacer n'en est qu'à ses balbutiements, avec beaucoup de difficultés parce que les hommes ne sont pas prêts à changer. Mettre tout sur le dos de la manipulation par une élite, par la publicité, par les jeux, me parait très simpliste, ça reviendrait à nous faire tous passer pour de sacrés cons naïfs.revolution

Le capitalisme, ce sont aussi des hommes, des familles, des histoires, le truc qui bouge en permanence, pas toujours  bien rodé, huilé, pas toujours d'attaque pour une efficacité suprême, pas toujours machine à broyer les hommes au profit de quelques uns. La révolution comme meilleur moyen de lutter, là aussi un petit tour dans les livres d'histoire me parait salutaire. Il aurait fallut le contrôler, l'endiguer, le limiter pour ne pas se retrouver avec ces pieuvres tentaculaires que sont devenues les multinationales. C'était le fond de commerce de la social démocratie je pense, je dirais même aussi de "la communauté européenne" même avec toutes ses casseroles, social démocratie qui, avec tous ses défauts détient encore probablement le taux de "sages" le plus important, pour moi même en France, avec du Hollande à 13%. Seulement, elle a échoué. En Allemagne, elle résiste encore, mais combien de temps ?

Dans l'exemple français, c'est très frappant: elle va être balayée sous couvert que ses dirigeants sont des nuls qui concentrent l'expression de tout le mécontentement, manipulé par des forces très diverses et parfois bien sournoises. Je prends les paris, Hollande sera un jour réhabilité, pour avoir résisté le plus longtemps possible. Mais il finira sur le bûcher, par bétise, ignorantisme et goût de vouloir nous mettre sur la gueule. L'action politique continue inlassablement son oeuvre d'autodéstruction, la révolution écologique n'est pas prête. Ouais, ça va peut-être bien péter, on va s'entretuer, mais à l'arrivée les pieuvres pourraient bien encore gagner.

090717160336

 

Lien livres perso:  TheBookEdition