Ouh là, je me fais un peu peur moi-même, quand je me lance dans des trucs comme ça. Enfin… vu que ça me démange !!!

La gauche va donc prendre une dérouillée, elle ne représente plus que, allez…, 30, 35%, de l’électorat français… « Le peuple de gauche serait désabusé devant la politique « de droite » des socialistes au pouvoir, elle n’aurait même plus envie de voter.

Aujourd’hui, j’écris un pamphlet sur Hollande, ou sur Valls, c’est le succès assuré ; « Marianne » m’embauche illico, je peux m’exprimer sans risquer ma vie dans n’importe quel café, Cécile Duflot m’invite à prendre ma carte, Mélenchon me cite dans un de ces discours, Besancenot confirme que « les gens commencent vraiment à comprendre… », bref, un courage politique de dingue !!3170150_3_2bad_jean-luc-melenchon-lors-d-un-meeting-de_9e7e15d3e5f98f2938218290579cfb96

Il y a toujours eu deux gauches en France, celui qui n’en est pas encore convaincu n’a qu’à aller se promener dans les livres d’histoire, ça fait maintenant des siècles que ça dure… Ce n’est pas de la simplification : une gauche réformiste, qui fait de la politique en restant à l’intérieur du système, tenant compte des données du monde environnant, et une gauche révolutionnaire, qui pense que pour progresser, il faut transgresser le système, tourner le dos à ces données que l’on veut nous faire passer pour immuables. Le PC s’écroule ? Peu importe, la nature a horreur du vide, la deuxième gauche est toujours là.meeting-collectif-citoyen-63-retraites_694570

La France n’a pas souvent « voté à gauche ». Ça a marché quand les deux gauches ont réussi à s’entendre : « l’union de la gauche », « la gauche plurielle », à chaque fois la même histoire. On arrondit un peu les angles pour s’acoquiner au moment des élections, et, arrivé au pouvoir, on se recale, on remet en place la crevasse, et la gauche révolutionnaire se replace dans sa posture historique, à ne pas vouloir « trahir le peuple ». Créer des ponts entre ces deux mondes, quelques machiavels de la politique y sont parvenus, au premier rang desquels, Mitterrand, salué par tous comme un petit génie.F-Mitterrand

Aujourd’hui, le Front National casse la baraque. Explication de la deuxième gauche : c’est la faute des socialistes qui font une politique de droite, ils sont coupables, ils ont trahi la cause.

Mon pamphlet, je l’adresserais plutôt à eux. Electoralement, la gauche révolutionnaire ne passera jamais, pas la peine d’être « sorti de St Cyr » ! Le seul espoir de voir la gauche au pouvoir repose sur les chances de la gauche réformiste. La gauche actuelle fait une politique de droite ? Pas plus que les autres fois, rien de nouveau sous le soleil, elle fait de la politique en restant dans les limites du « système ». La gauche et la droite, c’est pareil ? Attendez les petits, la droite arrive, l’extrême droite aussi par endroit, vous allez rapidement voir si c’est pareil !! Vous devriez, quand même en toucher un p’tit mot à vos électeurs !!!

Tous les leaders de la gauche révolutionnaire ne sont quand même pas des abrutis. Ils savent que depuis la nuit des temps, il n’y a qu’un seul moyen de faire parvenir la gauche au pouvoir, c’est de se concerter avec la gauche réformiste, pour la rendre un peu plus rouge, un peu moins rose pâle, il n’y a pas grand-chose de mieux à attendre, et c’est déjà pas mal. La révolution ? Arrêtez on n’est plus des gosses…

Donc eux représenteraient « la vrai gauche », le peuple de gauche serait déçu par la politique de droite des socialistes ? Alors, ils devraient faire un carton ! Que nenni, c’est un désastre, une poignée veut bien encore les écouter, et les autres vont tous voter FN ! Et face à ça, pas une seule miette de remise en question, pas une miette, putain, mais c’est de l’obscurantisme, c’est pas possible !

Que dit Valls ? La tambouille électorale à la « Mitterrand », c’est fini, on bosse seulement avec des gens qui ont vraiment envie de bosser, c'est-à-dire de gouverner, pas la peine de s’emmerder avec ceux, qui à la moindre contrariété, se  précipiteront pour se draper dans leurs habits révolutionnaires.valls_0

Non, aujourd’hui, l’ennemi ce n’est plus la droite, c’est bien l’extrême droite, la victoire de l’obscurantisme, de l’absence de réflexion, d’analyse, de synthèse, l’acceptation de la bêtise. On tourne le dos à l’intelligence, l’éducation, la soif de vouloir toujours réfléchir et comprendre, essayer, chercher, ne pas croire aux certitudes, ne pas croire que l’on sait toujours tout sur tout.

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Les leaders de la « deuxième gauche », savent, eux, bien peu de monde les écoute, mais qu’importe, ils savent. Merveilleuses certitudes pour remettre en place le miroir aux alouettes. Le vrai courage politique ne serait-il pas de leur dire que c’est eux qui ont tué la gauche ?

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