L’avion perdu

 

Le boeing disparu, de la Malaysian Airlines déclenche de nombreuses réactions. La compassion auprès des familles a du mal à trouver sa place au beau milieu de toutes ces énigmes, mystères, hypothèses, élucubrations.

Toutefois, il faut bien reconnaître à cette histoire, qu’elle possède des ressorts extraordinaires pour la mise sur pied d’un époustouflant scénario. Hollywood bosse déjà probablement comme un dingue.

En attendant le cinéma, ce sont pour l’instant les médias qui se sont défoulés comme des malades, je suppose, car je me suis épargné de regarder.

Je vous conseille à ce sujet, le très bon « délire » de Nicolas Delesalle, trouvé sur internet et mis en ligne à priori par Télérama (tapez avion perdu boeing Télérama, ça marche). On imagine bien, très bien même, les chaînes d’actu en faisant des tonnes à longueur de journée, avec rien, vu que, on ne sait pas. Les chaines « infos », c’est l’obligation de remplir la grille, déverser en permanence, et s’il n’y a plus d’eau, on envoie de la pisse, ou de l’eau de vaisselle avec plein de mousse dedans.

En présentant mes condoléances auprès des victimes, je dis victimes, car s’attendre au pire, me parait en l’occurrence plus respectueux que de les imaginer en orbite autour de la terre, je vais malgré tout en rajouter une couche au délire ambiant, tellement cette histoire a fini moi aussi par m’aspirer dans un trou d’air. Marchant sur les traces des enquêteurs, j’ai commencé par me pencher, avec du recul, sur la liste des passagers, espérant y trouver quelque indice. Je me suis arrêté dans un premier temps sur la « composition » du groupe.

Deux cent trente neuf passagers, cent cinquante deux chinois… Oui, je sais, le vol allait à Pékin, mais tout de même, ces chiffres montrent à quel point les chinois sont nombreux. Non seulement, ils sont nombreux, mais ils voyagent. Cela va probablement de paire avec le fait qu’ils fassent très bien voyager aussi leurs cartons… Evidemment, fait troublant, cent cinquante deux chinois volontaires pour rentrer en Chine, après avoir été goûté à ce qu’il se passe ailleurs, c’est déjà suspect en soi.

Restons sur les ressortissants asiatiques: les gens de Hongkong et de Taïwan, ne se précipitent pas à Pékin, tout  comme l’ensemble des autres pays d’ailleurs, à commencer par l’Inde, surpeuplée, et qui ne compte sur ce vol que cinq passagers. Il reste à savoir ce que peuvent bien aller faire en Chine, trente huit malaisiens, des liens de parenté sans doute.

Trois américains, on pourrait dire, normal, ils sont partout, ce qui serait excessif, il y a bien quatre français, nous parvenons tout de même à nous exporter un peu. La présence de canadiens et australiens montre bien l’importance de ces puissances de deuxième division sur la scène internationale aujourd’hui. Enfin, quand il y a du business à faire, il y a toujours un hollandais sur le coup, information complètement farfelue car je ne sais rien de ce hollandais.

Beaucoup plus troublant en ces temps troublés, surtout du côté de la Crimée, la présence d’un russe et de deux ukrainiens à bord. On espère que toutes les précautions ont été prises concernant leur placement dans l’habitacle, et que les deux ukrainiens n’aient pas profité  de leur supériorité numérique. Ces trois personnages étaient les seuls sur lesquels les enquêteurs malaisiens n’avaient jusqu’à nouvel ordre reçu aucune information de la part de leurs pays réciproques.

A partir de là, extrapoler et partir dans les hypothèses les plus dingues, est forcément tentant, « l’internet » s’en est d’ailleurs donné à cœur joie. J’ai été très tenté « un temps » de succomber ; la « tentation » la plus grande s’orientait sur un scénario à la « Agatha Christie » dans lequel, on épluche, on remonte dans les itinéraires de vie de chacun, jusqu’à découvrir que tout ce petit monde se connaissait, comme dans l’Orient Express, et, finit par valider un projet fou de disparition collective.

J’ai pris la décision de renoncer. L’absence de certitude absolue, de corps, met probablement les proches dans une tension psychologique extrême, qui ne saurait être dénaturée par des élucubrations aussi comiques soient-elles. D’ailleurs, on en espère tout autant de « l’information », qui va avoir bien du mal à ne pas couvrir l’évènement à « l’américaine ». En définitive, espérons qu’il n’y ait jamais de film sur le sujet.

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