Informatik

Ce matin me risquant à une insertion dans la bibliothèque, pour déposer sur le bureau de Fred, une assiette de cookies, et le voyant éjecter le tout dans la corbeille, je sentis que nous n’étions plus en connexion. Déjà ce matin, alors que j’étais planté devant le portail, j’avais ressenti cette réticence à me fournir le mot de passe pour pénétrer sur le site. Il avait beau eu m’indiquer le raccourci, pour attraper l’ascenseur, je ressentais pour notre amitié, le besoin d’une petite révision.

Voyant la chaleur monter dans la pièce, tout pare-feu étant inutile, j’étais tenté de vouloir ouvrir des fenêtres, mais voyant Fred lancer sans arrêt des recherches, je me contentais d’entrebâiller. Il n’était pas de bonne humeur, je le sentais prêt à me coller une punition, je n’allais pas y couper, ah on me la copierait celle-là. Fred n’avait jamais compris ce besoin chez moi de vouloir imprimer les choses, avant de les avoir bien enregistrées. Je voulais apaiser l’atmosphère, lui redisant encore une fois que c’était lui le pilote, que je lui laissais le soin d’utiliser le bon langage, qu’il était notre mémoire à tous, notre moniteur, et qu’à lui, reviendrait toujours le soin de nous expliquer les choses dans le moindre menu.

Je restais encore calme suite à une réflexion sur mon profil, où il se permettait de souligner le gras de mon bidon. Bien m’en pris. Il me proposait maintenant d’aller promener ma souris sur des sites dans des grands espaces, surfer même ! J’aurais bien voulu lui rétorqué qu’il était difficile de surfer avec une souris, mais je laissais tomber, d’autant que je commençais à avoir les crocs à rester sur l’écran.

Je le sais, je n’excelle pas, trop tenté de partir dans mon petit nuage, tout là-bas très loin, au-delà de tous les périphériques. Débarrassé de mes liens, je m’aventurerais au-delà de la bordure, dans un monde de pirates, de port en port,  sans adresse, sans police, où tu ne peux survivre qu’avec un fort caractère, vous voyez d’ici le tableau !

Ce ne serait pas encore le programme du jour. Avant de fermer la page, il me fallait encore faire la tournée des bars, barres de défilement, barre d’outils, barre des tâches. Ce dernier me conviendrait  parfaitement.

La journée s’étirait, je décidais finalement de tout quitter. J’avais rendez vous ce soir avec des amis au forum avant de rejoindre notre débit de boisson préféré. Mais avec cette face de bouc qui n’arrangeait guère mon image, je me dirigeais d’abord vers la salle pour une petite mise en forme.

Une dernière fois, je fermais les fenêtres, vidait les corbeilles, affichait ma détermination à quitter ce lieu où je n’avais fait que du remplissage. Mes cellules grises viraient au rouge. Je fermais bien mes boutons, avant de sortir ; avec ce froid, pas question de chopper un virus…

Vous dépassez soixante, c’est correct, Fred n’a pas le droit de jouer.

dechets