Monopolitik

C’est la crise, c’est l’ bordel !

Bon, c’est vrai que le père Hollande, il passe un sale quart d’heure. En fait, on s’en doutait tous un peu. Sarko faisait vraiment chier, on n’allait pas remettre Sarko. A gauche, on avait ce qu’on avait, il était là, le p’tit père Hollande, DSK aimait vraiment trop les femmes, alors va pour Hollande, il avait pas trop le profil, on s’en doutait tous un peu, mais bon, il était sympa, sincère, honnête, c’était pas mal déjà, mais c’est sûr, il avait pas le profil, on s’en doutait tous un peu.

On a tous eu des profs comme ça, sympas, un peu trop sympas avec les élèves, sympas, mais avec des cours où c’était un peu trop le bordel. Quand ils étaient remplacés par un mec qu’avait pas envi de se faire emmerder, «  tiens, toi la grande gueule, parle nous de ceci cela ; quand tu sauras ta leçon tu pourras l’ouvrir », «  toi tu vas aller faire un tour chez le dirlo, et pour toi le tarif, ce s’ra quatre heures », on regrettait un peu notre « copain », mais, au bout d’un moment, on trouvait quand même que les cours avaient plus de gueule. On a tous eu des profs qui réussissait l’harmonie parfaite, super sympas, mais qu’on n’aurait même pas pensé à emmerder tellement ils étaient bons, on en a tous eu…, très peu. En politique, c’est pareil, la politique, c’est pas compliqué.

En France, on veut du charismatique. En France… ? Foutaise ! Faut arrêter avec ce truc nous les français ceci cela, on a rien d’extraordinaire, on est tous foutu pareil, on veut du spectacle, du théâtre, du cinéma, des jeux dans l’arène. Avec le père François, on est un peu déçu, et encore, ça aurait pu être pire. Il a quand même une meuf canon, une ex, pas piquée des hannetons, quelques aventures à son palmarès, bien que je ne connaisse pas trop bien la question, je ne vais pas assez chez le coiffeur, bref y a quand même des trucs à se mettre sous la dent, mais président, là, il faut quand même sortir le grand jeu, François, il n’a pas regardé assez de westerns, c’est pas un vrai mec.

Tu vois Clint, filmé par Sergio, qui déboule, cool, fais péter le cigarillo, et balance un r’gard en gros plan à la ronde. Les intellos, i z’aiment pas ; c’est que des faux culs, on aime tous ! Le François, faudrait qu’i déboule en poncho, stetson sur la tête, la tronche patibulaire, i s’avancerait vers le pupitre, f’rait pèter le cigare, craquerait l’allumette d’un geste sans faille sur la tablette, jetterait un r’gard à la ronde en tapant ses bottes et i dirait : « c’est quoi s’bordel », puis au bout d’un long silence, i dirait : « bon maintenant vous allez fermer vos gueules, v’là s’qu’on va faire ». S’qu’i dirait après n’a aucune importance, on s’en branle, le lendemain chez Ipsos, ce s’rait 60% d’opinion favorable, la politique, c’est pas compliqué.

Y en a qui disent, ouiiiiii euuuuuhh tout çàaaaaaaaa, y a plus de repère ! Mais si y a toujours des repères, c’est pas dur, j’explique : mettons, tu penses comme un mec de droite, bon restriction, un mec de droite pas con, mais si ça existe, déconnez pas. Le mec, i pense, ceux qu’on pas de fric sont pas trop doués pour en faire du fric, c’est pas faux, sinon p’têt qu’i z’en aurait, bon bref. Non, bon, y’a des gens qui sont doués pour faire du fric, c’est indéniable, à tel point que y’en a, qu’en avaient pas du tout et qui deviennent riche. Alors ces mecs là, faut pas les emmerder, faut les laisser faire un max de fric, et après, i z’auront besoin d’autres personnes pour en faire encore plus, et là ça f’ra des emplois. C’est pas con !

Maintenant, le mec de gauche, y’en a des pas cons, mais si voyons. Lui, il a pas trop confiance dans le mec qu’a du pognon, pour en faire profiter les autres. C’est pas con : moi, par exemple, mettons que je sois de gauche, c’est un exemple, ben, même de gauche, si j’avais du pognon, je penserais vachement à ma pomme, bon j’en donnerai peut-être plus qu’un mec de droite, mais j’crois que je me garderais le gros du pognon. Alors, le mec de gauche de tout à l’heure, pas moi, i pense que, le mec qu’a du pognon, il faut l’obliger à en donner un peu plus, pour que le mec qui s’est fait embaucher par le mec qu’a du pognon, il puisse quand même avoir un peu de pognon, c’est pas con du tout.

Alors y’en qui disent, i sont vachement à gauche ceux-là, tout ça s’est des conneries, les mecs qu’ont du pognon, c’est des salauds, on n’a pas besoin de leur pognon, on va se démerder tous seuls. Bon, reste à savoir ce qu’on fait des mecs qu’ont du pognon, c’est quand même aussi chez eux, et puis bon, éventuellement, qu’est-ce qu’on fait de leur pognon si on arrivait à leur en piquer un peu. Y en a qui disent, arrêter vos conneries, ça a déjà été fait, ça a pas marché, et t’as vu le communisme, le goulag, les millions de morts et tout et tout. Mais y’en a qui disent que non, ça a jamais été fait, que les mecs dont on parle, avec les milliers de morts, c’était pas pareil, eux i f’raient jamais un truc pareil. Ces mecs là, i sont pas trop nombreux, mais ils sont persuadés d’avoir raison. Bon, moi je sais pas, ouais, c’est sûr, la majorité à la con, elle fait pas mal de trucs débiles, y a tous ceux qui supportent le journal de Pernaud, et aussi les radios pour jeunes, que y a que celles là qu’i veulent écouter, et ceux qu’aiment pas les jaunes, les rouges, les noirs et surtout les marron clair, et tout et tout, mais bon, d’être tout seul à penser s’que j’pense, moi, ça me f’rait penser que ce que pense peut éventuellement être repensé.

Résultat des courses : si on pompe trop l’air à ceux qui font du pognon, y’aura surement moins de pognon, et si on leur en prend pas un peu, nous, on aura que dalle, donc, on s’fait une côte mal taillée avec tout ça, et point barre, c’est pas glorieux, mais c’est le moins pire, la politique, c’est pas compliqué.

Y en a qui sont super fort. On sait pas trop ce qu’ils pensent de ceux qu’on du pognon, bon i z’ont rien vraiment contre, et on sait pas s’qui pensent de ceux qu’en ont pas, i z’ont rien vraiment contre non plus, i pensent qu’i devraient en avoir aussi, bref, c’est pas compliqué, tout le monde aurait assez de pognon, c’est pas con, bon on a du mal à y croire mais c’est vrai ça s’rait l’idéal. Résultat, dans ces gens là, y a, à la fois des gens qu’ont pas de pognon, et des gens qu’ont plein de pognon, incroyable ! En fait i sont tous d’accord sur un point : ce qui merde, ce que y’en a qui sont même pas de chez nous, et qui viennent chez nous pour gagner du pognon, que nous on arrive même pas à en avoir déjà assez pour nous, putain là, ça devient complexe !

Y en a qui disent, ceux qui viennent d’ailleurs, chez eux y a pas du tout de pognon, des fois y a même plus rien à bouffer, alors i z-ont pas le choix, parce que, chez nous, y a encore du pognon, et y’a encore à bouffer. C’est pas con : moi, si j’étais né dans un endroit comme ça, je me dirais que je vais quand même essayer d’aller voir si, quelque part,  y a pas du pognon, ou, en tout cas, au moins à bouffer. Y en a qui disent oui mais on va quand même pas leur filer à bouffer, voire même du pognon, déjà que nous, on en a pas assez pour nous, bon, c’est pas con, mais qu’est-ce qu’on fait, on construit des murs, on leur tire dessus, on coule leurs coquilles de noix qu’ils sont capables de foutre à la mer ? Bordel, et si on se disait qu’on a quand même du bol d’être né ici, et pas là-bas, et puis ça veut dire quoi « chez nous », il est où notre titre de propriété ? Ouaiiissss euuuuuuh mais booonnnnn euuuuuuh, on va quand même pas bosser pour les nourrir pendant qu’ils se la coule douce à jouer au tiercé avec leurs allocations familiales. Et puis ceux qui vont en taule, parce qu’i z’ont vendu du shit, t’as vu les prisons avec télé, salle de sport et tout et tout… Bon c’est pas con, quoique moi, je suis bien content comme je suis, je ne vis pas avec le RMI, je ne joue pas au tiercé, je ne vends pas du shit et la taule, ça ne me dit vraiment rien du tout, donc, ces mecs là, non je ne peux pas dire que leur vie me donne un sentiment d’injustice pour moi-même. De toute façon, c’est surtout la faute à celui qu’à inventer le pognon, maintenant l’énorme majorité en veut, légalement ou illégalement, le mec qui réussira à changer ça, il est fort, super fort, non, il n’existe pas. Donc faut pas rêver, on va continuer à voir arriver des gens qu’on pas de pognon, et rien à bouffer, et la seule solution, c’est de partager ce putain de pognon, la politique, c’est pas compliqué.

Y en a qui disent, ouais tout ça, c’est de la faute toujours encore à ce putain de pognon, bon sang, c’est pas un idéal de vie ça, t’as vu où ça nous a mené, et maintenant ce qu’on bouffe, et le travail à la chaîne, et la nature dénaturée. Alors là, chapeau bas, c’est vraiment pas con. Seulement voilà, faut vraiment arrêter d’en vouloir du pognon et vivre sans pognon, et c’est pas facile quand on a eu l’occasion d’en avoir, putain, c’est une vraie drogue dure ce truc, et la drogue, c’est vraiment dur, je sais de quoi je parle, moi qui dépense du pognon à acheter…  des cloppes !

Si tu commences en disant, ok moi je vais vivre sans pognon, mais i m’en faut quand même un peu, et puis d’abord y a tous les autres qu’ont bien plus de pognon que moi, i z’ont qu’a commencer d’abord, alors c’est que t’es pas encore guéri, et en fait des guéris, y en a très peu, la politique, c’est pas compliqué, mais des guéris, en politique, y en a pas. Pour jouer à Monopolitik, il faut des voix, et si t’es guéri, des voix t’en aura pas, parce que les gens pas encore guéris ne voteront pas pour toi.

Ouiiiiiiii mais euuuuuuh, t’as dit que y a peu de guéris et que quand on n’est pas nombreux, on n’est pas sûr d’avoir raison, alors… Mais non, en fait ça colle, parce que les malades savent qu’il faudrait guérir, tout le monde le sais, une énorme majorité, c’est en fait ce que tout le monde pense, mais c’est très très dur de guérir.

Pour l’instant, on est sur la bonne voie. On a réussi à exporter le pognon partout, et donc il y a sur terre de plus en plus de malades, et les drogues sont de plus en plus sophistiquées. Et puis, les nouveaux malades n’ont pas de médicaments, alors ceux qu’ont du pognon sont encore plus forts que nos plus forts à nous pour en gagner, et ceux qui en ont très peu, sont prêts à tout pour très peu de pognon.

 Putain non non, pas mon ordinateur, non, pitié, je vous en supplie !!! Faut p’têt pas exagérer non plus, mais bon, quand j’aurai l’info de qui a fabriqué mon ordi et combien on lui a filé de pognon, je vais peut-être commencer à guérir, faut que je me décide, c’est juste une question de volonté. Alors, François, au milieu de tout ça… Oh je le plains pas trop, quand il est vraiment trop déprimé, il peut toujours aller claquer un peu de pognon, ça peut être thérapeutique. La politique, c’est pas compliqué !

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