cabane-arbre-ecureuil

Les enfants, nous allons découvrir aujourd’hui, ce qu’est un arbre. Au commencement était, comme dirait le curé, une graine. Ouais, là, entre "l'oeuf et la poule", on peut penser qu'on a commencé par l'oeuf, bref. Certains, patauds, en fabriqueront des lourdes, qui tomberont bêtement au pied de l’arbre. D’autres, plus raffinés, les produiront légères, qui se dissémineront au gré du vent. La plupart ne deviendront que nourriture. Les arbres, malins, en déposeront des millions, comme les scorpions de Bernard, aaaah Bernard !

Bernard, St Etienne, "les verts", ce temps où nous vibrions rien qu’au son d’un transistor, ce temps où j’aimais encore le foot, je m’égare…

Et puis cette graine attend son heure, le contact d’un sol chatoyant, la bonne température, les rayons du soleil levant, la pluie salvatrice, et elle germe !

Le jeune plant luttera encore longtemps pour sa survie, puis finalement plongera profondément ses petites racines dans les profondeurs. Au dessus, seule la pousse en hauteur l’intéressera, aller très haut, très vite. Puis, rassuré, il commencera à regarder ce qu’il se passe autour de lui. Il daignera envoyer de belles branches horizontales, coloniser l’espace autour de lui. Son tronc ne grossira que si ses branches s’étendent le plus loin possible.  

marronnier-acrotonie1

Un jour, il finira par délaisser la croissance en hauteur. Ça lui vient de ses parents et de l’endroit qu’il s'est choisi. Ses branches latérales continueront elles à grandir encore quelque temps, histoire de régler quelques querelles de voisinage. Et puis finalement repu, notre arbre se satisfera se sa grandeur.   

Basitonie3

Sous la terre, il a, là-aussi, délaissé ses racines profondes. Sa grandeur est telle que la stratégie du tuteur, pour tenir debout, ne donnerait plus rien. Il préfère désormais envoyer une multitude de racines, juste sous la surface du sol, très très loin. Sa nouvelle stratégie tient plus de la ficelle de la tente de camping. Et puis, ces racines vont le nourrir. Près du sol, elles bénéficient de l’oxygène. Pour puiser sa nourriture dans la terre, notre géant va solliciter le concours d’êtres vivants minuscules, de tous petits champignons,  avec lesquels, il passe un marché. Je vous refile tout ce que je choppe, grâce à la photosynthèse, et vous me refiler les trucs que vous pécho dans le sol, car moi, je n’y arrive pas. C’est un business gagnant gagnant, le top !  

ae7c3b29-67f2-41f1-9c5c-099593e31492_ORIGINAL

Toujours prévoyant, il a déjà anticipé les mauvais jours. Les ramifications moins éloignées du tronc, se fortifient, il veut bien délaisser ses extrémités parties si loin et difficile aujourd’hui à alimenter. Notre arbre opère un repli stratégique, qui pourra lui permettre de vivre encore de longues années ; plus question de fabriquer quoi que ce soit, vivre, sur ses acquis, tout simplement. Si, avec ses dernières forces, il fabriquera peut-être une dernière chose : beaucoup, beaucoup de graines, l’espèce doit survivre, des jeunes doivent venir. Sa couronne qui tout doucement se brise et apporte de la nourriture à la terre y pourvoira.

Je pourrais m’arrêter là, c’est suffisant, éloquant pourrait-on dire ! Juste deux ou trois petites choses encore; les arbres sont les végétaux les plus élaborés de la planète, de véritables stratèges. Réaliser une taille dans un arbre, c’est comme entrer bourré dans un magasin de porcelaine. Pour "arboriste", c’est encore pire, car il sait, il sait qu'il est bourré, et il entre quand même.  Alors "tailler", soyons modeste, c'est surtout "régler les problèmes de voisinage". L'arboriste aura le mérite de ne casser que quelques tasses. La brute va tout casser. Il faudrait le faire ramasser.   

Arbre-Fleur-Pays-18